samedi 28 avril 2007

24 avril 2007 - Résultats préliminaires

Le 24 avril, des membres du bureau du comité européen (ECID Alcatel-Lucent) ont débattu avec des parlementaires européens de la délocalisation de la matière grise et d’une urgence à engager en Europe une politique industrielle offensive dans le secteur des TIC (Technologies de l’Information et de la Communication)

Alcatel-Lucent annonce aujourd'hui ses résultats préliminaires pour le premier trimestre 2007, et fait un point sur son programme d'intégration et son activité opérationnelle.

Patricia Russo, Directrice générale d'Alcatel-Lucent, a déclaré: "Cela fait quatre mois que notre rapprochement a été conclu, et nous avons fait des progrès significatifs en termes d'intégration. Les choix technologiques ont été finalisés et notre portefeuille de produits a été communiqué à nos clients. En ce qui concerne notre programme de réduction des coûts, les réductions nettes d'effectifs, avant les récents contrats de gestion de réseaux clients, s'établissent à environ 1 900 personnes durant ce trimestre, soit 15% de l'objectif de 12 500 réductions de postes sur 3 ans. Les réductions de coûts qui y sont associées se concrétiseront dans les trimestres à venir".

"Comme nous l'avions précédemment annoncé, certains des facteurs qui ont eu un impact sur notre activité au quatrième trimestre 2006 ont perduré sur les premiers mois de l'année, conduisant à une baisse des revenus. En particulier, alors que certaines de nos activités ont connu une bonne performance, nos résultats du premier trimestre ont été impactés par des volumes faibles dans les activités mobiles traditionnelles et dans les cœurs de réseaux, à un moment où nous faisons des investissements conséquents dans les prochaines générations de ces technologies". Des commentaires détaillés sur les prévisions pour 2007 seront effectués lors de la publication de nos résultats le 11 mai.

Les revenus pour le premier trimestre 2007 sont estimés à environ 3,9 milliards d'euros, une baisse par rapport à la même période de l'année précédente de 8% à taux de change constant et de 12% au taux de change Euro/dollar actuel. Le résultat ajusté d'exploitation se traduit par une perte estimée à -260 millions d'euros, soit 7% des revenus, dont la moitié est attribuable à des éléments exceptionnels. Dans l'ensemble, la perte ce trimestre est due à des revenus faibles, à un mix défavorable, ainsi qu'aux investissements que nous faisons dans notre portefeuille WCDMA et de coeur de réseau de nouvelle génération.

Par ailleurs, après la finalisation réussie du partenariat avec Thales, une plus-value avant impôts d'environ 780 millions d'euros devrait être enregistrée pour les résultats du premier trimestre 2007.

Malgré la déception suscitée par le chiffre d'affaires, les analystes se montrent dans l'ensemble plutôt rassurés. Crédit suisse constate dans une note une amélioration de la visibilité du groupe, tandis que Goldman Sachs mentionne l'avancée du plan de restructuration.

"Nous pensons que les résultats ont largement ôté les risques liés au titre", explique la banque américaine dans une note.

En Bourse de Paris, le titre Alcatel-Lucent s'est retourné en hausse, gagne 0,32% à 9,33 euros à la mi-journée, après être descendu à neuf euros.

"Ils annoncent un retard au démarrage un peu plus lourd que prévu", a déclaré François Duhen, analyste chez CM-CIC. "Leurs perspectives semblent rassurantes en termes d'activité (book-to-bill de 1,3x) et de gestion des effectifs, mais les marges affichées, même corrigées d'éléments "non récurrents", incitent à la prudence".

Le même jour, L'intersyndicale d'Alcatel-Lucent a appelé à une grève sur tous les sites français mercredi, jour où la directrice générale de l'équipementier en télécommunications, Patricia Russo, devait se rendre selon les syndicats sur des sites en région parisienne. Selon des sources syndicales, ce déplacement à Vélizy (Yvelines) et au centre de Villarceaux à Nozay (Essonne) a pu être annulé devant la mobilisation des salariés. L'appel à la grève est maintenu. "La direction générale d'Alcatel-Lucent France refuse d'abandonner le projet de plan social présenté en février dernier. Malgré les multiples mouvements de protestation soutenus par la grande majorité du personnel, elle campe sur ses positions", selon un tract distribué à Lannion (Côtes d'Armor) appelant à bloquer l'entrée du site. Le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris rendra vendredi sa décision sur l'assignation déposée par le comité de groupe européen d'Alcatel-Lucent, qui réclame plus d'informations sur le plan de restructuration du groupe avant que celui-ci ne prenne effet.

mercredi 25 avril 2007

23 avril 2007 - Brandes à 10%


Alcatel-Lucent a enregistré une perte courante d'exploitation de 260 millions d'euros et a annoncé que ses effectifs ont été réduits de 1.900 au cours des trois premiers mois de l'année. L'équipementier fait état d'un chiffre d'affaires de 3,9 Milliards d'Euros, en retrait de 8% à change constant et de 12% en données publiées. Une perte d'exploitation de l'ordre de 260 Millions d'Euros (ajustée) sera enregistrée, dont la moitié environ d'exceptionnels.

La société Brandes Investment Partners agissant pour le compte de clients sous gestion, a déclaré avoir franchi en hausse, le 19 avril 2007, par suite d'une acquisition d'actions sur le marché, le seuil de 10% du capital de cette société et détenir 231.318 .769 actions Alcatel-Lucent représentant autant de droits de vote, soit 10,001% du capital et 9,86% des droits de vote dans cette société .

Brandes Investment Partners, LP a précisé qu'elle ne détient pas de titres Alcatel-Lucent pour son propre compte et qu'aucun des clients pour le compte desquels elle intervient dans le cadre d'un mandat discrétionnaire ne comptabilise individuellement plus de 5% du capital d'Alcatel-Lucent. Brandes Investment Partners, LP a indiqué également qu'elle dispose généralement, aux termes du contrat l'unissant à ses clients ("Investment Advisory Agreement"), d'un pouvoir de vote sur les actions acquises pour leur compte.

Le déclarant précise : "Brandes peut continuer d'acquérir des actions Alcatel-Lucent au nom de ses clients si Brandes estime qu'Alcate-Lucent continue de représenter une opportunité d'investissement appropriée pour ses clients. De telles acquisitions seront réalisées uniquement dans un but d'investissement pour ses clients. Brandes n'a pas l'intention de prendre le contrôle d'Alcatel-Lucent au nom de ses clients. En outre, Brandes n'a pas l'intention de demander sa désignation ou la désignation de toute autre personne au conseil d'administration ou au conseil de surveillance d'Alvatel-Lucent. En dehors de l'acquisition d'actions d'Alcatel-Lucentpour le compte et au nom de ses clients, Brandes n'agit de concert avec aucune autre personne en ce qui concerne l'acquisition d'actions Alcatel-Lucent."

Brandes investissement est un gestionnaire de fonds canadien. Brandes Investment Partners, LP a été fondée en 1974. Son premier client était un investisseur canadien. Les investisseurs canadiens représentent une partie importante des quelque 90 milliards de dollars canadiens que cette société gère pour ses investisseurs à l'échelle mondiale. Il agit en qualité de conseil en investissements pour le compte de clients individuels ou institutionnels ou de fonds sous gestion.

Afin d'acquérir des entreprises à bon prix, les gestionnaires de Brandes arrêtent leurs choix, la plupart du temps, sur des entreprises qui n'ont pas la faveur populaire. Par exemple, les gestionnaires se sont récemment portés acquéreurs du titre de Nortel dans le cadre du fonds Brandes actions canadiennes et du fonds Brandes équilibré canadien. (le prix du titre de Nortel s'est déprécié au cours de l'année 2004 à la suite de nouvelles qui mettaient en doute la fiabilité des données comptables de la firme. C'est la situation typique dont ses gestionnaires axés sur la valeur raffolent... le principe est : achat des titres à bon prix et revente quand ils deviennent trop cher (valeur intrinsèque).


20 avril 2007 - Groupe de travail


Un mois après sa mise en place, le groupe de travail "sur les perspectives du secteur des télécommunications en France et en Europe" rend son rapport d'étape. Présidé par Pascal Faure, vice-président du Conseil général des technologies de l'information, il compte 14 membres, dont des représentants d'équipementiers (Alcatel-Lucent justement, Nortel, Nokia et Ericsson), des syndicats et des experts.

Créé par le gouvernement le 15 mars, quelques jours après l'annonce du plan social d'Alcatel-Lucent prévoyant 12.500 suppressions d'emplois dont 1.468 en France, le groupe devra faire des recommandations visant notamment à "ancrer les emplois de recherche et développement sur notre territoire". "L'objectif était de prendre de la distance avec un cas particulier, pour s'intéresser aux tendances de fond de l'ensemble du secteur", explique le président du groupe Pascal Faure.

Le délai d'un peu plus d'un mois pour la réalisation de ce rapport était imposé par la date de l'élection présidentielle. "Tous les membres du groupe ont travaillé d'arrache-pied pour tenir ce délais", précise Pascal Faure, qui indique que le gouvernement a donné au groupe jusqu'à la fin juin pour faire des propositions. En attendant, ce premier rapport dresse un état des lieux du secteur et donne quelques pistes.

Les salariés d'Alcatel-Lucent seront déçus. Le rapport remis par le groupe de travail mis en place par le gouvernement suite à l'annonce des 12 500 suppressions d'emplois chez l'équipementier, n'apporte pas de solutions concrètes à leurs problèmes. En aucun cas, le gel des suppressions d'emplois, comme le réclament les syndicalistes, n'est évoqué. Seule consolation pour eux : la volonté de François Loos ministre délégué à l'Industrie de renforcer le pôle de compétitivité Image et Réseaux où Alcatel-Lucent est engagé.

Le rapport avance toutefois des pistes pour soutenir l'industrie des télécommunications européennes et reprend certaines propositions envisagées par les syndicats de l'équipementier.

Parmi celles-ci, aider les équipementiers européens à lutter à armes égales avec leurs compétiteurs chinois et américains. Les syndicats d'Alcatel-Lucent avaient sévèrement critiqué l'ouverture totale à la concurrence du marché européen alors que selon eux, leurs concurrents étrangers bénéficient d'une certaine bienveillance de la part de leurs pouvoirs publics à travers des mécanismes de protectionnisme et de favoritisme.

Le rapport promeut également la mise en place d'un écosystème de dimension européenne. Cela passe par la promotion de standards technologiques européens ou la gestion des fréquences à l'échelle du continent. Clairement, le succès des futurs services de télévision sur mobile, où les fabricants européens sont bien placés, dépend de telles mesures.

Enfin, le groupe de travail appelle à une amplification des efforts publics en matière de développements des infrastructures et des usages des TIC.

Les conclusions du rapport du groupe de travail sur les télécommunications seront remises d'ici fin juin.

Le rapport d'étape du groupe de travail sur les perspectives du secteur des télécommunications en France et en Europe est accessible à l'adresse suivante :
http://www.industrie.gouv.fr/pdf/rapport_faure_2007.pdf

Le document évoque un "paradoxe apparent sur la situation de la filière des équipements de télécommunications" : malgré le dynamisme du secteur des technologies de l'information et de la communication (TIC), cette filière fait des économies en licenciant une partie de ses employés. Un paradoxe qui ne serait qu'apparent puisque les équipementiers télécoms (dont quatre sont représentés dans le groupe de travail) sont en réalité soumis à une double pression, venant de leurs clients opérateurs d'une part, et de concurrents chinois d'autre part.

Des mutations dans la chaîne des télécoms expliqueraient les difficultés rencontrées aujourd'hui par les équipementiers. Leurs principaux clients, les opérateurs, eux-mêmes soumis à une concurrence importante qui limite la croissance de leurs revenus, répercutent cette pression sur leurs fournisseurs. Pour alléger cette pression, "les équipementiers doivent adapter leurs stratégies et positionnements, pour aller davantage vers l'aval de la chaîne de valeur (services, contenus, logiciels)", affirme Pascal Faure. Ces mutations du secteur expliqueraient déjà les nombreuses fusions, acquisitions et rapprochement du secteur (Alcatel-Lucent, Ericsson-Marconi, Nokia-Siemens...), ainsi que les suppressions d'emplois consécutives.

Pour poursuivre cette évolution, les équipementiers européens disposent d'atouts, indique le rapport. Ainsi, ils sont souvent des acteurs importants ou leaders sur les marchés mondiaux, leurs clients opérateurs sont également puissants, et ils disposent en Europe d'un réservoir important de compétences.

Les pouvoirs publics sont également appelés à favoriser ce repositionnement. Le rapport demande ainsi une harmonisation plus grande du marché européen, pour aboutir à des standards communs, une meilleure gestion des fréquences et une meilleur protection de la propriété intellectuelle. Il invite aussi les pouvoirs publics à développer les usages des TIC, notamment via le très haut débit et les "usages innovants" dans le e-commerce et le paiement en ligne.

Il demande également que les équipementiers européens puissent "lutter à armes égales contre leurs concurrents américains et asiatiques", en s'assurant du respect des règles internationales et en favorisant les partenariats avec leurs clients. Enfin, pour anticiper les mutations du secteur et leurs conséquences sur l'emploi, les 14 membres du groupe de travail proposent la mise en place d'un système de "veille prospective". Autant de pistes qui pourraient être développées dans le rapport final prévu dans deux mois, sous réserve des choix du prochain gouvernement.

Le rapport d'étape recommande ainsi aux pouvoirs publics :
-de promouvoir un « écosystème européen », sur fond de promotion de standards, d'une gestion des fréquences optimisant la création de valeur ajoutée et d'activité économique, de protection de la propriété intellectuelle ;
-de s'assurer que la compétition entre européens, américains et asiatiques, puisse se faire à armes égales (via l'articulation des programmes de défense, le respect des règles internationales, la promotion de partenariats entre équipementiers européens et leurs clients) ;
-d'amplifier les efforts publics en matière de développement des infrastructures et des usages des technologies de l'information (promotion du très haut débit, du e-commerce, du e-paiement, etc.) ;
-de mettre en place une veille prospective concernant les évolutions de l'emploi et des compétences de cette filière.

Sur ce dernier point, les ministres Gérard Larcher et François Loos se sont empressés de reprendre la balle au bond en invoquant la montée en puissance de la politique industrielle sous-jacente aux pôles de compétitivité. Dont le pôle « Image et Réseaux » en Bretagne qui, rappelle le communiqué officiel, « rassemble des équipes reconnues dans le monde entier », et a déjà suscité « une douzaine de projets soutenus par une enveloppe de l'Etat de 22 millions d'euros ». Rendez-vous est pris dans deux mois, sous réserve de décision du nouveau gouvernement, pour le rapport final de ce groupe de travail de prospective.

  • L'Usine Nouvelle, Pas d'avancées pour les salariés d'Alcatel-Lucent, 20 avril 2007.
  • La Tribune, Quatre pistes pour la sauvegarde de l'emploi de la filière télécoms, 23 avril 2007.

19 avril 2007 - Réunions (2)

Les élus bretons (Jean-Yves Le Drian, Président du Conseil régional de Bretagne, Claudy Lebreton, président du Conseil général des Côtes d'Armor, Alain Gouriou, député-maire de Lannion, et Jean Normand, vice-président chargé de l�économie au Conseil général d'Ille-et-Vilaine et conseiller communautaire de Rennes Métropole) ont rencontré à nouveau, hier soir, Jean-Christophe Giroux, PDG d'ALCATEL-LUCENT France, Marc Rouanne, PDG de la branche CONVERGENCE, ainsi que Pierre Beretti, le DRH du groupe.

La direction du groupe a confirmé les suppressions de postes en France en particulier sur les sites de Rennes, Lannion et Brest en rappelant que cette décision s'inscrivait dans un contexte de marché particulièrement modifié.

Cependant, des décisions récentes ont été confirmées aux élus bretons :

- à Rennes : le maintien de l'activité vidéo pour un effectif de 70 personnes,
- à Lannion : la confirmation de l'activité ATCA, du développement de la plateforme MGC 10, d'un programme d'investissements concernant les plateformes de test, de la création d'un centre en recherche et innovation (10 à 12 personnes).

Le DRH du groupe a rappelé que le plan social serait mis en oeuvre sur la base du volontariat.
Les élus bretons déplorent le maintien du projet de suppressions de postes qui va toucher particulièrement la Bretagne sur le plan social et entraîner une perte significative de compétences économiques et technologiques.

Ils ont pris acte que des efforts avaient été accomplis par ALCATEL-LUCENT depuis leur rencontre avec la direction, le 28 février dernier, concernant le maintien de l'activité vidéo à Rennes et la création d'une équipe en recherche et innovation à Lannion. La délégation a rappelé son extrême vigilance quant au respect des engagements annoncés lors de cette réunion par la direction du groupe tout en soulignant le soutien qu'ils apportaient à la mobilisation des salariés des sites bretons pour la défense de leur emploi.

Les élus bretons ont dénoncé l'absence d'une politique industrielle du Gouvernement pour le secteur des télécoms et souhaitent pouvoir valoriser en Bretagne les conclusions du groupe de travail sur les perspectives du secteur des télécommunications qui seront présentées dans quelques jours.

La délégation, ne relâchant pas la pression, a demandé et obtenu une nouvelle réunion avec la direction de ALCATEL-LUCENT France qui aura lieu, au plus tard, en septembre.

  • Communiqué du conseil régional de Bretagne.

17 avril 2007 - Réunions



Entre 50 et 70 salariés d'Alcatel-Lucent seront maintenus à Rennes dans le secteur recherche et développement sur la vidéo mais le nombre global de suppressions d'emplois prévues en France reste inchangé, a-t-on appris mardi de sources syndicales après une réunion avec la direction. Selon le quotidien Les Echos, Alcatel Lucent reverrait donc sa copie sur la fermeture des deux sites Rennais. L'équipementier pourrait conserver l'activité vidéo mobile, préservant ainsi une cinquantaine d'emplois sur le site de Rennes Saint-Grégoire.

Même si cette marche arrière semble être par contre une avancée significative pour les syndicats, seuls ¼ des effectifs seraient ainsi sauvés. Les deux sites emploient en effet près de 210 personnes.

La direction a aussi proposé 2% d'augmentation de la masse salariale pour 2007 dans sa principale filiale, lors d'une première réunion dans le cadre des négociations salariales obligatoires, ce qui n'a fait que "mettre de l'huile sur le feu après les annonces du parachute doré de (l'ex-PDG d'Alcatel) Serge Tchuruk et du salaire de la directrice générale Patricia Russo", selon les mêmes sources.

La direction de l'équipementier en télécommunications n'a pas confirmé ces informations mais a précisé que la discussion sur le premier point, l'activité convergence (fixe-mobile), avait été "ouverte et constructive".

"Sur les 200 salariés de Rennes, répartis entre les sites de Saint-Grégoire et de Cesson, entre 50 et 70 de Saint-Grégoire resteront pour profiter du réseau rennais d'entreprises. Mais ce seront autant d'emplois supplémentaires qui seront supprimés à Orvault (Loire-Atlantique) puisque 218 postes doivent toujours disparaître entre Orvault et Rennes", a détaillé Hervé Lassalle (CFDT, majoritaire).

Salariés et élus de l'Ouest se sont fortement mobilisés pour les emplois depuis l'annonce du plan social début février. Dans le cadre de la journée d’action du 17 avril, la quasi-totalité de l’établissement d’Orvault-Rennes a une nouvelle fois cessé le travail. A Orvault, petit déjeuner le matin, barbecue le midi et une animation musicale a été assurée par des groupes formés de salariés de l’établissement. A Cesson, un barbecue rassemblait les salariés des 2 sites rennais.

Pour la CFE-CGC, "c'est un premier résultat". "Nous avons aussi obtenu qu'un centre de compétences open source (recherche et développement) soit créé à Lannion (Côtes d'Armor), ce qui donne quelques garanties pour l'avenir", a ajouté Bertrand Lapraye (CFE-CGC).

Par ailleurs, alors que CFDT et CGT demandaient 5% d'augmentation des salaires en 2007 et un minimum pour les bas salaires, la direction a proposé 2% pour Alcatel-Lucent France SA (8.400 salariés). "Soit 1% pour les salariés travaillant normalement et 1% supplémentaire pour les promotions et les rattrapages divers", selon la CFDT.

"La direction justifie sa rigueur par le contexte difficile. Alors que l'on sait que des directeurs français négocient l'alignement de leur salaire sur celui des directeurs américains de Lucent en ce moment, et que ce que touchent Tchuruk et Russo a fait scandale", a estimé M. Lassalle.

Jean-Pierre Sueur et Marie-Madeleine Mialot, vice-présidente du Conseil régional du Centre, ont été reçus le 17 avril à Paris par Claire Pédini, directeur des ressources humaines et de la communication du groupe international Alcatel-Lucent.

Ils lui ont fait part de leurs préoccupations et de la grande inquiétude des salariés du site d’Ormes à la suite de l’annonce du plan de licenciement. Claire Pédini les a assurés de l’importance pour le groupe du site d’Ormes et de sa pérennité comme l’un des quatre pôles majeurs du groupe en France.

Ils ont mis l’accent sur la nécessité, dans cette perspective, d’apporter de nouvelles activités sur ce site en accueillant notamment les activités de service appelées « Network Operating Center » (NOC) et sur le fait que cela devrait se traduire par le rajeunissement de la pyramide des âges et donc par l’arrivée de nouveaux salariés à Ormes. Ils ont également insisté sur les conséquences du plan social et les dispositions à prendre ainsi que les partenariats à établir en terme de nouvelles qualifications, de recherche et développement et de formation.

  • Dépêche AFP.